Par : Desplanques Erwan
Du : 23/06/2010
Le point sur l'identité nationale
Le meilleur du Web
Télérama n°3154 du 23.06.10

Par : n.c.
Du : 01/07/2009
Film et documentaire
Par : de Saint-Do Valérie
Du : 01/05/2009
Mais si, les mauvais jours finiront !

Par : Laffeter Anne
Du : 13/01/2009
Les Inrockuptibles 13/01/09
Renouer avec de nouvelles formes critiques et d’engagements
Alors que la justice est le jouet du pouvoir sarkozyste, le nouveau documentaire du cinéaste engagée, Thomas Lacoste, retrace quarante ans d’histoire de la magistrature.
Les Inrocks : Comment définiriez-vous votre travail et pourquoi travailler particulièrement sur les questions de justice et de liberté ? Pourquoi faire le choix d’entrecouper vos témoignages d’extraits de film dans les « Les Mauvais jours finiront » ?
Thomas Lacoste* : Il ne vous a pas échappé que nous traversons une période politique troublée et particulièrement réactionnaire qui est accompagnée par une série de lois liberticides (de Perben I aux peines plancher) et d’attaques extrêmement violentes portées à l’ensemble des salariés et aux institutions (école, hôpitaux, sécurité sociale, etc.).
L’élection présidentielle de 2007 marque dans cette dynamique morbide un tournant des plus autoritaires : le droit du travail est remis en cause, le droit des étrangers ne cesse de se durcir, les spécificités de la justice des mineurs sont effacées les unes après les autres, les principes fondamentaux du droit sont remis en cause, notamment par la loi du 25 février 2008 instaurant une « rétention de sûreté » qui propose de juger non plus les personnes pour ce qu’elles ont fait mais pour ce qu’elles sont supposées être, pour leur dangerosité potentielle…
Mais, au moment où l’ensemble des populations mondiales sont prises en otage par une crise financière d’une très rare violence suite à une gestion calamiteuse des barons du libéralisme (dont pour mémoire le crédo était : « déréglementons, privatisons ! ») et que le dialogue social semble définitivement enterré par nos gouvernements, l’ensemble de ce processus n’aurait de sens si nous ne voyons pas que, dans le même temps, c’est le droit des affaires qui se voit… dépénalisé ! Le message des puissants du moment est simple : « il faut vous faire à l’idée, braves gens, d’une justice à deux vitesses en faveur de ceux qui comptent ».
Pour l’ensemble de ces raisons, il nous est apparu primordial de se pencher sur les questions de droits et de libertés. Face à cette violence inouïe, orchestrée par un tout petit nombre d’individus dont le seul intérêt est le profit immédiat, une seule réponse s’impose : le rapport de force afin de rétablir un peu d’équité.
En ce sens, n’en déplaise à l’académisme frileux ambiant réduit à une quasi-position d’esclavage vis-à-vis du pouvoir, il nous semble important de renouer avec de nouvelles formes critiques et d’engagement y compris esthétiques.
Le cinéma parce qu’il reste un art populaire est un véhicule narratif universel puissant qui peut se montrer radical. C’est pourquoi, nous travaillons à une nouvelle forme cinématographique baptisée, faute de mieux, ciné-frontières qui cherche à déterritorialiser la fiction et le documentaire, à habiter en exilé entre ces mondes, en brisant les frontières qui depuis trop longtemps les séparent à grand renfort d’instituant culturel et entend convoquer dans un même lieu fictions, entretiens réflexifs, arts plastiques et créations sonores afin de multiplier les lignes de perceptions transdisciplinaires. En nous saisissant du droit de citation, nous faisons également appel à des œuvres ou travaux antérieurs, anachronisme volontaire qui tend à mettre en évidence des questionnements immémoriaux, des dissonances fertiles, des filiations et de se débarrasser des œillères afin d’affuter notre regard sur le monde.
Dans ce dernier documentaire, qu’avez-vous voulu montrer en retraçant 40 ans de l’histoire de la justice sous le prisme de la lutte syndicale du Syndicat de la magistrature ?
Le tournant sécuritaire de 2001 est-il un retour à la justice telle qu’elle était exercée par le pouvoir avant 1968, faisant des libertés acquises entre ces périodes une exception, ou est-il une véritable rupture ?
D’abord, nous voulions saluer l’action du Syndicat de la magistrature (SM) qui nous semble assez exemplaire étant donnée sa création dans un milieu extrêmement conservateur, il faut rappeler que la Justice en 1968 était ambivalente, son corps professionnel était marqué par le repli sur soi et par sa soumission à des usages et traditions d’un autre âge. Mais c’est aussi une Justice qui avait largement collaboré sous l’Occupation, qui continue à tuer et qui fut, quelques années plus tôt, pendant la guerre d’Algérie, un instrument zélé d’une féroce répression d’Etat. Mais au-delà de la création du Syndicat, il nous semblait intéressant de montrer sa volonté, pour affiner ses pratiques militantes, de dialogue constant avec l’ensemble des acteurs sociaux aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale. Ainsi, le Syndicat de la magistrature a participé dès sa création au Comité prison initié par Michel Foucault (ce qui l’a conduit en 1985 à se prononcer pour la fermeture des structures pénitentiaires, utopie salutaire en ces temps carcéraux), à dialoguer avec les différents syndicats ouvriers pour défendre le droit du travail, il s’est inscrit de manière active dans différentes associations du type Anafé, pour la défense des immigrés et la libre circulation des personnes, ou des structures comme Medel qui militent à la défense des droits et des libertés à l’échelle européenne, etc. En ce sens, l’action du SM, au-delà de sa vigilance quotidienne portée aux attaques contre les libertés, nous paraissait exemplaire, eu égard aux replis corporatistes trop fréquents dans le paysage syndical.
Le deuxième axe qui nous semblait important à mettre en évidence est que nous assistons à un véritable changement de paradigme planifié en matière de justice sociale, à une véritable révolution conservatrice. Il est indiscutable que nos gouvernements, ils ne s’en cachent même plus, tentent de se débarrasser du modèle social hérité de l’immédiate après-guerre (redistribution, prévention, droit du travail, santé publique, éducation, retraite, droit de la presse, etc.)… Il en va ainsi des fondements du nouvel ordre libéral qu’ils tentent de nous faire avaler. Alors même que l’édifice puissamment excluant se fissure de partout et, comble des combles, c’est ce moment que nos puissants ont choisi pour redécouvrir la « solidarité » équivoque et pour nous demander de renflouer les caisses de leurs banquiers ivres de spéculation et ce, sans contrepartie, ni garantie. Mais si nous comprenons bien notre intérêt à renflouer fissa leurs caisses avant que des millions de gens ne se retrouvent à la rue, il va falloir qu’ils renouvellent très vite et très sérieusement leur argumentaire pour faire accepter aux jeunes gens des quartiers populaires leur misère, aux jeunes lycéens l’absence de profs, aux sans domiciles le manque d’hébergement et aux patients la pénurie d’infirmières ou de médecins à l’hôpital… Il y a fort à parier qu’à court terme de nombreux acteurs sociaux en appellent on ne peut plus légitimement eux aussi à une solidarité bien comprise.
Face aux multiples réformes de la droite, on assiste à un renouveau de la contestation des magistrats. Y voyez-vous un retour à un cycle plus politique comme en 68 avec la naissance du syndicat de la magistrature ?
L’heure a en effet sonné. Et la fenêtre est historique. Face à ces droites décomplexées, soutenues rappelons-le en leur temps par les « efforts » des gauches gouvernementales (Mitterrand, Clinton, Blair, Jospin, Schröder, etc.), ce qui doit expliquer en grande partie leurs silences assourdissants du moment, nous n’avons plus le choix, les temps sont à l’engagement et ce avant qu’il ne soit trop tard. Ainsi, peut-être, les mauvais jours finiront.
Rappelons que c’est le revers de ce genre de realpolitik, l’ultra-sécuritaire, qui place les Etats-Unis en tête des pays à la plus forte population carcérale, avec un peu plus de 2,5 millions de personnes incarcérées, soit plus d’un adulte sur cent, un afro-américain sur quinze et dans la tranche 20 à 34 ans, c’est un sur neuf… selon le récent rapport du Pew Center.
Nicolas Sarkozy agite aujourd’hui la suppression du juge d’instruction. Que vous inspire cette annonce ? Comment voyez-vous la justice aujourd’hui, vers quelle justice se dirige-t-on ?
Ce que nous propose l’actuel chef de l’Etat n’est ni plus ni moins qu’une reprise en mains de la justice par l’exécutif et la perte de toute indépendance fonctionnelle des Parquets, l’idée est grossière mais semble entendue : demain si rien n’est fait la corruption et la criminalité politico-économique et financière, ironie des temps, aura le vent en poupe et un blanc-seing à la clef. Les Renaud Van Ruymbeke seront remerciés et les Denis Robert seront à l’ombre, aux côtés des « dangereuses-mouvances-des-nouveaux-terroristes »…
Propos recueilli par Anne Laffeter
Les Mauvais jours finiront, 40 ans de justice en France aux côtés du Syndicat de la magistrature, une production de La Bande Passante et de L’Autre association, le DVD choral 126’, 12€ et le coffret 20 DVD 1242’, 200 € (frais de port inclus) par paiement en ligne sur le site http://www.labandepassante.org/index_lbp.phpou par chèque à l’ordre de L’Autre association, 3, rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris. Des projections publiques peuvent être organisées pour tous renseignements : info@labandepassante.org
Avec la participation de : Eric Alt (conseiller référendaire à la Cour de cassation), Robert Badinter (ancien président du Conseil constitutionnel et Garde des sceaux), Etienne Balibar (philosophe), Jean Bérard (historien), Laurent Bonelli (sociologue), Patrice de Charette (président de la chambre sociale à la Cour d’appel de Toulouse), Aïda Chouk (juge d’instance), Jean-Pierre Dubois (président de la Ligue des droits de l’Homme), Hélène Franco (secrétaire générale du Syndicat de la magistrature), Simone Gaboriau (présidente de chambre à la Cour d’appel de Paris), Jean-Luc Godard (cinéaste), Benoist Hurel (substitut du procureur de la République), Hervé Lourau (juge des Libertés et de la détention), Pierre Lyon-Caen (membre fondateur du SM), Charles Piaget (responsable syndical chez Lip), Renaud Van Ruymbeke (juge d’instruction) et Alain Vogelweith (ancien juge d’instruction).
Pétition pour l’abolition de la loi « Rétention de sûreté » à signer sur : www.contrelaretentiondesurete.org
* Thomas Lacoste est cinéaste et éditeur, il a créé en 1994 et dirigé la revue transdisciplinaire de pensée critique Le Passant Ordinaire (www.passant-ordinaire.com), il vient de codiriger, avec Georges Debrégeas, L’Autre campagne, 80 propositions à débattre d’urgence (coll., Ed. La Découverte, 2007, 300 p., 14€, voir le site : www.lautrecampagne.org), il a réalisé récemment dans la série Réfutations deux films Universités le grand soir (2007) et Une peine infinie (2008). Il lancera au printemps un nouveau site www.labandepassante.org. Les Mauvais jours finiront, 40 ans de justice en France aux côtés du Syndicat de la magistrature est son dernier film.
L’ensemble de ses films sont visibles sur le net et peuvent être commandés, pour soutenir l’initiative, 12€ l’exemplaire, au 3 rue de Petites Ecuries - 75010 Paris (chèque à l’ordre de L’Autre association) ou sur le site http://www.labandepassante.org/index_lbp.php.
Par : Lacoste Thomas
Du : 24/12/2008
Pour ses 40 ans, le Syndicat de la magistrature (SM) nous offre un film, et pas n’importe quel film. Les mauvais jours finiront est un documentaire de 121 minutes où Thomas Lacoste a tissé, avec un plaisir perceptible au spectateur, images d’archives, séquences de films mythiques et entretiens avec une douzaine de magistrats ayant participé à la destinée du SM. Acte après acte, on revit l’évolution de notre justice et celle du syndicat né en 1968. Et on se dit que si le SM n’existait pas, il faudrait l’inventer, en particulier dans une période où les gardes des Sceaux, exécutants de la politique sarkozyste, se nomment Pascal Clément ou Rachida Dati. On peut le télécharger sur le site(www.labandepassante.org) de la Bande passante, mais aussi l’acheter pour le soutenir.
Par : Cadorel Adrien, Lacoste Thomas
Du : 17/12/2008
Metro 17/12/2008
Quarante ans de justice (extra)ordinaire
Voilà un documentaire saisissant. Déjà auteur du très remarqué Rétention de sûreté, une peine infinie, diffusé en ligne en juin, le réalisateur Thomas Lacoste signe un document étourdissant consacré à l’évolution de la justice française au cours de ces quarante dernières années.
Prenant comme point d’accroche le quarantième anniversaire du Syndicat de la magistrature, le réalisateur, membre du collectif La Bande passante, revient sur les grands tournants et les évolutions qui ont émaillé le monde judiciaire depuis 1968. Divisés en onze chapitres chronologiques, Les mauvais jours finiront abordent l’abolition de la peine de mort, la lutte contre la délinquance financière, les débats autour de l’immigration choisie et le tournant sécuritaire, décrié, en 2001.
Au-delà d’un simple inventaire des institutions judiciaires, le documentaire, entrecoupé de plusieurs références cinématographiques, donne également la parole à différents acteurs (magistrats, écrivains, philosophe, cinéaste) qui remettent en perspective les diverses évolutions et tirent — pour certains — un bilan de leur mise en application. Un excellent documentaire, d’une force visuelle peu commune, visible sur le Web et également disponible en DVD*.
Le film est visible sur www.labandepassante.org
* Les Mauvais jours finiront, 40 ans de justice en France aux côtés du Syndicat de la magistrature, une production de La Bande Passante et de L’Autre association, le DVD choral 126’, 12€ et le coffret 20 DVD 1242’, 200 € (frais de port inclus) par paiement en ligne sur le site http://www.labandepassante.org/index_lbp.phpou par chèque à l’ordre de L’Autre association, 3, rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris. Des projections publiques peuvent être organisées pour tous renseignements : info@labandepassante.org
Par : Lacoste Thomas
Du : 13/06/2008
Un film contre la rétention de sûreté
L'intégralité du documentaire "Rétention de sûreté, une peine infinie", est désormais disponible en ligne sur internet, sur le site lautrecampagne.org, apprend-on lundi 21 avril (> voir le film).
Après un premier film sur la réforme des universités, le réalisateur, Thomas Lacoste, poursuit sa dénonciation des "piliers" de la politique sarkozienne. Il dénonce une société ultra-sécuritaire incarnée par la loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté.
Le film revient sur "six années de recul des libertés" en France et anticipe les mutations qu'opère la loi sur la rétention de sûreté, qui permettra, en prédisant la "dangerosité" - virtuelle - d'un criminel à la fin de sa longue peine, de continuer à le "retenir" enfermé pour un an renouvelable à l'infini. "C'est la perpétuité sans crime", commente l'avocat et bâtonnier de Paris Christian Charrière-Bournazel.
Coproduit par le Syndicat de la magistrature
Coproduit par le Syndicat de la magistrature et La Bande Passante, le film de Thomas Lacoste donne la parole à des juges et des avocats, des chercheurs et des psychiatres, des praticiens et des militants qui, chacun dans son domaine, décryptent les présupposés de cette loi et anticipent sa... "dangerosité" pour la société française.
Donnant encore un peu plus de poids aux craintes qu'expriment des experts du droit pénal face à cette loi, des extraits de textes de loi et de discours du président de la République, Nicolas Sarkozy sont distillés au cours du film, afin de dévoiler "le populisme pénal" ambiant et d'apporter un contre-argumentaire aux Français qui, selon un sondage, sont très majoritairement favorables à cette loi sur la rétention de sûreté, explique le réalisateur.
Par : Lacoste Thomas, Lherm Sophie
Du : 26/04/2008
Un site réfute les discours du président. A l'appui, arguments et fiction
La vidéo commence sur des images du film de Steven Spielberg Minority Report. Un homme est interpellé chez lui ; les hurlements de sa compagne couvrent le son de la scène. Il n'a pourtant rien à se reprocher. Ou plutôt : pas encore. La police vient neutraliser un meurtrier... potentiel. L'homme vit en 2054, dans une société du futur qui s'est dotée d'une technique pour repérer les criminels futurs : les visions de trois extralucides opérant au coeur du ministère de la Justice... Retour en 2008. Lentement s'affiche sur un fond noir la déclaration de Nicolas Sarkozy, le 22 janvier dernier, dans un commissariat de Bordeaux : « Les droits de l'homme, c'est d'abord les droits de la victime. [...] ma priorité, ce sont les victimes et pas les coupables. Et je n'ai pas l'intention de laisser ces fauves en liberté. » Mélange détonant des images de Spielberg et des mots du président français.
Avec ce troisième opus de sa série Réfutations, Thomas Lacoste poursuit sa quête de contre-expertises par l'image des discours de l'actuel président. Une série qui a débuté lors de la campagne présidentielle - d'où le nom du site qui rassemble l'ensemble des vidéos : L'Autre Campagne. Après le deuxième épisode consacré à la réforme des universités, Thomas Lacoste s'est allié au Syndicat de la magistrature pour disséquer les enjeux de la loi dite de rétention de sûreté, qui crée des centres d'enfermement à vie pour les criminels jugés dangereux après expiration de leur peine de prison. Huit intervenants issus des corps de métier touchés par la loi s'expriment face à sa caméra. De Daniel Zagury, psychiatre, à Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature et juge de l'application des peines, en passant par Jean Bérard, historien et membre de l'Observatoire international des prisons, chacun contribue à éclairer le débat. En alternant interviews, textes et extraits de Minority Report, musique passée et contemporaine (de Janácek au dubstep), le réalisateur instille chez le spectateur un doute de plus en plus insistant : assiste-t-il à une fiction ou à la description de la réalité ?
www.lautrecampagne.org
www.contrelaretentiondesurete.fr
Par : Delahaye Martine
Du : 20/04/2008
Le Monde 20/04/2008
Un film pour alerter sur les dangers de la loi sur la rétention de sûreté
Des spécialistes dénoncent la loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté
Des "pas-encore-criminels" arrêtés avant même qu'ils ne commettent un crime ; des citoyens enfermés à vie par "précaution", parce que potentiellement dangereux : c'est par des images censées être tournées en 2054, celles de Minority Report (2002), de Steven Spielberg, que Thomas Lacoste ouvre son documentaire Rétention de sûreté, une peine infinie (68 minutes), mis en ligne début avril sur le site militant L'autre campagne.
Cette référence à une société ultra-sécuritaire donne la couleur du projet de Thomas Lacoste, qui entend mettre en garde contre "le monde que nous prépare Sarkozy" en s'attaquant "aux piliers de sa politique". En l'occurrence, la loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté, après un premier film sur la réforme des universités.
Le film revient sur "six années de recul des libertés" en France et anticipe les mutations qu'opère la loi sur la rétention de sûreté, qui permettra, en prédisant la "dangerosité" - virtuelle - d'un criminel à la fin de sa longue peine, de continuer à le "retenir" enfermé pour un an renouvelable à l'infini. "C'est la perpétuité sans crime", commente l'avocat et bâtonnier de Paris Christian Charrière-Bournazel.
Co-produit par La Bande Passante et le Syndicat de la magistrature, le film de Thomas Lacoste donne la parole à des juges et des avocats, des chercheurs et des psychiatres, des praticiens et des militants qui, chacun dans son domaine, décryptent les présupposés de cette loi et anticipent sa... "dangerosité" pour la société française.
"On bascule totalement dans un autre système de droit", y indique Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature. Pourquoi ? Parce qu'en instituant la possibilité de "retenir" quelqu'un indéfiniment sans qu'un acte criminel le justifie, insistent les intervenants, cette loi bafoue la présomption d'innocence, principe fondamental du droit. Et parce qu'au lieu de se fonder sur des actes et des textes de loi pour punir, cette loi s'appuie sur des notions aussi floues que la précaution, la prédictivité et la prévention.
"Comme l'a dit Robert Badinter, avec la rétention de sûreté, on n'est plus responsable de ses actes mais de ce que l'on est. Responsable d'une éventuelle dangerosité, que personne n'est capable de définir, pas même les psychiatres !", précise Jean-Pierre Boucher, ancien président du syndicat de la magistrature. Ce qui constitue "un abus institutionnel, qui plus est validé par le Conseil constitutionnel", note le philosophe Claude-Olivier Doron.
Donnant encore un peu plus de poids aux craintes qu'expriment des experts du droit pénal face à cette loi, des extraits de textes de loi et de discours du président de la République, Nicolas Sarkozy sont distillés au cours du film, afin de dévoiler "le populisme pénal" ambiant et d'apporter un contre-argumentaire aux Français qui, selon un sondage, sont très majoritairement favorables à cette loi sur la rétention de sûreté, explique le réalisateur.
Ses films, libres d'accès, sont aussi vendus en DVD sur le site, pour donner ensuite lieu à des projections-débats un peu partout en France. Parallèlement, une pétition demandant l'abolition de la loi sur la rétention de sûreté a été lancée par le syndicat de la magistrature et une myriade d'organisations professionnelles.
www.lautrecampagne.org
www.contrelaretentiondesurete.fr
Par : Millot Ondine
Du : 08/04/2008
Un film à faire tourner contre la loi sur la rétention de sûreté. Un film pour démontrer, de façon pertinente, la dangerosité de la loi sur la rétention de sûreté. Un film pour "déconstruire méticuleusement le populisme pénal". Thomas Lacoste, 35 ans, éditeur et réalisateur militant, s'est attelé à une démarche méthodique et opiniâtre : mettre en garde contre "le monde que nous prépare Sarkozy" en s'attaquant, à raison d'un thème par documentaire, aux piliers de sa politique. Après un film sur la réforme des universités, avant un autre consacré aux banlieues, le troisième volet de sa série "Réfutations" s'intitule donc Rétention de sûreté, une peine infinie, nourri de témoignages de magistrats et de psys. A visionner gratuitement sur Internet, à l'adresse www.lautrecampagne.org, ou à acheter si l'on veut encourager le projet (12 € par paiement en ligne ou par chèque à l'ordre de L'Autre association, 3, rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris.).
Par : Huet Thomas, Lacoste Thomas
Du : 20/03/2008
Voici la critique du reportage de Thomas Lacoste, "Rétention de Sûreté, Une peine infinie", qui doit être diffusé sur internet jeudi 20 mars dans le cadre de la "Nuit des libertés publiques". Le reportage sera disponible en intégralité sur le site "L'autre campagne".
L’histoire commence sur les images de Minority Report. Un homme, reconnu comme futur assassin, est interpellé chez lui. Les hurlements de sa compagne couvrent la scène. Il n’a pourtant encore rien à se reprocher...
Pas du Spielberg pourtant, mais du Thomas Lacoste. Avec "Rétention de Sûreté, Une peine infinie", troisième opus de sa série "Réfutations", le réalisateur poursuit sa quête de contre-expertises des lois et des discours du Président Sarkozy.
A l’occasion de la "Nuit des libertés publiques" organisée par le collectif "Contre la rétention de sûreté", "Réfutations III" sera projeté en avant-première nationale jeudi soir à 19h, à la Bourse du travail de Paris (29 bd. du Temple, Paris 3e, M° République). Autour du Syndicat de la magistrature, du Génépi et du SNEPAP-FSU (Syndicat national de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire), des artistes et d’autres organisations signataires (LDH, LCR, Verts, PCF, CEDTIM, etc.) se relaieront pour appeler à l’abolition de la loi sur la rétention de sûreté.
En attendant jeudi soir, le réalisateur a accepté de nous livrer les fruits de sa réflexion. Installé dans sa bibliothèque, personnage récurrent de ses films, ses mots sont durs, ses expressions caustiques pour porter un message de révolte face au "monde que nous prépare Sarkozy".
Après le second épisode de Réfutations : Universités le grand soir, co-réalisé avec "Sauvons la recherche Paris", Thomas Lacoste devait s’attaquer aux problèmes des banlieues avant de proposer un volet sur le travail. Pour le réalisateur, l’actualité en a décidé autrement :
"On ne pouvait pas passer à côté d’une mise à mal aussi profonde du droit pénal qui balaye en parfaite impunité, pêle-mêle, le principe de légalité et de la stricte nécessité de la peine, la présomption d’innocence, l’interdiction de rejuger une personne pour le même fait, la protection de la dignité humaine et celle contre la détention arbitraire. Ici, on piétine allégrement, rien de moins, que la Déclaration des droits de l’homme de 1789 (art. 8 – sans de la peine – et 9 – présomption d’innocence –, repris en préambule de notre actuelle Constitution), la Constitution de 1958, (art. 66 – détention arbitraire –, 62 – le Conseil constitutionnel est placé au-dessus de toute les autorités – et 5 – le chef de l’Etat respecte et fait respecter la constitution –), et, enfin, la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales, art. 3 relatif aux traitements inhumains et dégradants. C’est à se demander si sur un seul projet de loi un Etat totalitaire aurait pu faire mieux…"
Alors, pour ce nouveau combat, Thomas Lacoste s’allie au Syndicat de la magistrature et applique la méthode qui a déjà fait par deux fois son succès : donner la parole aux praticiens, militants et chercheurs pour que "soit déconstruit ce populisme pénal qui dicte l’adoption d’une telle loi et le populisme constitutionnel qui veut l’appliquer par-delà les principes supérieurs de notre droit" expose-t-il en référence à la saisine du Président de la cour de cassation par Nicolas Sarkozy après la validation du texte par le Conseil constitutionnel. Huit intervenants issus des corps de métiers touchés par la loi sont donc mobilisés pour l’occasion. De Daniel Zagury, psychiatre, à Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature et juge de l’application des peines en passant par Jean Bérard, historien et membre de l’Observatoire international des prisons, chacun apporte sa pierre à l’édifice.
Dans un enchevêtrement d’interviews, de textes et d’extraits de Minority Report, film de Steven Spielberg qui raconte comment est inventée une technique pour repérer les criminels potentiels ; le spectateur est plongé dans un sentiment angoissant : celui de ne plus savoir s’il assiste à une fiction ou à la description de la réalité.
"J’ai voulu cette mise en abîme pour tordre les codes du documentaire, pour chercher une sorte d’effet révélateur, de retour du réel. Face à deux cents ans d’acquis réduits en cendre, il nous faut travailler le temps et les cadres. Travailler avec la musique passée et contemporaine (de Janáček au dubstep), les extraits d’un film ouvertement du coté de la politique-fiction et pourtant qui à le goût du déjà vu. Mais aussi des voix, celles des intervenants – et aussi d’Oscar Wilde, avec sa "Ballad of Reading Gaol" qui vient de la fin du XIXe jusqu’à nous et qui clôt le film – ou de l’écrit qui assure la chronique des temps présents. L’idée est de laisser définitivement "l’objectivité du reportage" à TF1 et à sa coprolalie populiste si chère à l’Infant de la république, Nicolas Sarkozy. J’ai souhaité proposer avec cette construction anachronique une espèce d’hyper réalité documentée du politique…"
C’est pourtant sur une analyse très pragmatique du discours politique construit par les défenseurs de la loi que s’appuie la contre-expertise de Thomas Lacoste et des intervenants.
Blanches sur fond noir, les paroles de Sarkozy comme celles du 22 janvier dernier lors desquelles il rappelle que pour lui, "les droits de l’homme sont d’abord les droits de victimes" sont proposées aux regards acérés des praticiens et experts mobilisés pour l’occasion. Celles de députés, de Rachida Dati aussi… Un point commun les réunit : mettre au centre les victimes et apparenter les détracteurs de la loi à des inconscients du côté des assassins.
De Perben I à la loi sur les peines planchers, les réformes pénales édictées depuis six ans sont aussi décortiquées :
"on ne peut pas comprendre la logique de cette loi si on ne se souvient pas des attaques portées ces six dernières années aux statuts des mineurs dans notre pays, à la mise en place des fichiers électroniques, à l’extension des différents contrôles policiers, à l’augmentation des gardes à vue prolongées, de la surveillance électronique mobile, à la mise à l’épreuve des libérations conditionnées, à la mise en place de la vidéosurveillance, à la création de fichier municipaux (scolaire et psychiatrique), à la suspension des prestations sociales, ou encore à l’obligation faite aux juges de prononcer des peines minimales en cas de récidive, etc. C’est cela le bilan 2002-2008 de la droite, mais cette série d’atteintes aux libertés fondamentales n’aurait de sens si on ne la comparait pas à la dépénalisation, dans le même temps, du droit des affaires. Comme nous le rappelle Emmanuelle Perreux, une seule logique est ici défendue : une justice à deux vitesses en faveur des puissants."
En donnant le temps aux différents interviewés de développer leurs idées, le réalisateur militant offre un contre-argumentaire éclairant aux 80% de Français qui se sont révélés favorables à cette loi lors d’un récent sondage.
"Si la population française était normalement informée, elle saurait que la récidive ne concerne que 3% des criminels et 1,3% des crimes à caractère sexuels comme les études de Tournier le montrent. Si on prenait le temps d’expliquer que plus de 90% des personnes qui vont être enfermées, possiblement à vie, dans ces nouvelles geôles de la honte ne seront jamais concernées de près ou de loin par la récidive, il est peu probable que le public suive les thèses victimaires développées actuellement dans les médias. Et pourtant demain, c’est bien ce qu’il va concrètement se passer : du psychiatre au juge, personne ne voudra prendre la responsabilité de faire sortir ces personnes qui pourtant auront payé largement leur dette sociale. Il faut rappeler que c’est ce genre de realpolitik ultra-sécuritaire qui place les Etats-Unis en tête des pays à la plus forte population carcérale, avec un peu plus de 2,3 millions de personnes incarcérés, soit plus d’un adulte sur cent, un afro-américain sur quinze et dans la tranche 20 à 34 ans, c’est un noir sur neuf… selon le récent rapport du Pew Center. Est-on bien sûr de vouloir de ce projet civilisationnel pour horizon du XXIe siècle ? Qu’attend-t-on pour dire non ? Que l’on condamne une personne, non pas pour ce qu’elle a fait, mais pour ce qu’elle est ou fera peut-être un jour ? C’est précisément ce qui vient d’être voté par notre parlement et confirmé par le Conseil constitutionnel !"
Thomas Lacoste aime nager à contre courant. Il a ainsi souhaité donner la parole aux détenus. Lentement, l’Appel de Clairvaux se déroule à l’écran pour que l’émotion passe pour une fois par-dessus les murs de la prison. En 2006, ce texte émanait de dix condamnés à de longues peines. Ils réclamaient, pour eux-mêmes, eu égard à leur condition de vie, la peine de mort.
Thomas Huet
1) Rétention de Sûreté, Une peine infinie [Réfutations III], un film de Thomas Lacoste. Avant-première nationale à l’occasion des « Nuits des libertés publiques », jeudi 20 mars à 19h. Le film sera prochainement en libre accès sur le net. Pour soutenir cette initiative et les futurs opus de la série Réfutations vous pouvez acheter le DVD 12 € (frais de port inclus) par paiement en ligne sur le site www.lautrecampagne.org ou par chèque à l’ordre de L’Autre association, 3, rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris.
2) Rendez-vous jeudi 20 mars de 18h30 à 22h30, pour la "Nuit des libertés publiques" à la Bourse du travail, 29 bd. du Temple, Paris 3e, M° République.
3) Pour signer l’Appel pour l’abolition de la rétention de sûreté, rendez-vous sur : www.contrelaretentiondesurete.frPar : Huet Thomas
Du : 12/12/2007
Les "Ciseaux d'or" de la censure au président de la Sorbonne
Festival inédit ce vendredi matin sur la place de la Sorbonne. Face à un public bâillonné, étudiants et enseignants-chercheurs se sont rassemblés pour décerner les ciseaux d'or de la censure au président de Paris IV, Jean-Robert Pitte. Une semaine avant, ce dernier opposait son véto sans explication à la diffusion du film-documentaire "Universités, le grand soir".
En début de semaine dernière, les étudiants avaient pourtant obtenu une réponse positive pour visionner le film dans un amphithéâtre de la Sorbonne. A l'heure de la séance, ils se sont vus confisquer la télécommande du rétroprojecteur, avant le courant ne soit coupé dans l'amphithéâtre. Laura, étudiante en master 2 de sciences politiques, déplore:
"Cela fait trois semaines qu'on nous dit qu'il ne faut pas bloquer et lorsque nous proposons des moyens qui n'entravent pas le bon fonctionnement de la fac, c'est nous qui sommes bloqués."
La mesure a entraîné une manifestation sauvage au sein de l'établissement jusqu'aux portes de la présidence.
Le choix du jury a donc coulé de source. “C'est à l'unanimité, Jean-Robert, que nous te remettons ces ciseaux d'or de la censure”, lance Georges Debrégeas, le maître des cérémonies, à l'assemblée réellement frigorifiée et symboliquement bâillonnée... Le lauréat a sèchement décliné l'invitation. "Le ridicule ne tue pas", se sont vus répondre les organisateurs.
Ces derniers l'ont pris au mot en organisant cette cérémonie burlesque. Les rires du public répondent au discours humoristiques, mais ne cachent pas le malaise qui règne dans les universités. Tour à tour, professeurs, étudiants et personnels administratifs ont saisit cette occasion pour dresser un état des lieux de la répression du mouvement anti-LRU.
Frédéric Neyrat, maître de conférence en sociologie à l'université de Limoges. a notamment expliqué:
"Certains présidents tels que Jean-Robert Pitte ont déjà revêtu le costume que leur offrira la loi LRU. Ils se pensent à la tête d'une entreprise et ne supportent aucune contradiction."
Mais le plus grave à ses yeux restent la banalisation du recours à la force public. Vigile privés, gendarmes mobiles et CRS encadrent les facs depuis plusieurs semaines. Ce qui surprenait lors de la crise du CPE relève aujourd'hui du quotidien pour les étudiants.
La cérémonie des ciseaux d'or a donc été l'occasion de rappeler les conséquences, parfois tragiques, de cette évolution inquiétante. Un jeune lycéen nantais risque à cette heure de perdre un oeil après avoir reçu une balle de flash-ball lors d'un sit-in devant son rectorat. Les gardes à vue se multiplient à l'image de ce jeune étudiant de Paris I retenu quarante-huit heures par la police la semaine dernière suite à une plainte du rectorat pour dégradation.
"La nouveauté, c'est aussi le silence de la presse à l'égard de ces agissements" se désole Frédéric Neyrat. Un constat partagé par Isabelle This, professeur en économie à Paris VIII:
"Les médias donnent l'impression que nous sommes une poignée de gauchots mobilisés. La pétition de Sauvons la recherche récolte pourtant 20 000 signatures pour le moment et non des moindres."
La cérémonie s'est clôturée par un face à face avec un cordon de CRS bloquant l'accès aux portes de La Sorbonne. Une délégation a néanmoins pu remettre le trophée tant mérité à Jean-Robert Pitte. Visiblement crispé par cet honneur, ce dernier n'a pas souhaité le conserver.
Par : Lacoste Thomas
Du : 29/11/2007
Il gruppo de l’Autre campagne, che aveva lavorato per refutare, punto per punto, il programma di Nicolas Sarkozy, e aveva prodotto un film (Réfutations) interviene di nuovo sulla protesta degli studenti contro la legge di riforma sull’autonomia univeristaria. Thomas Lacoste ha realizzato, assieme al movimento Sauvons la recherche, « Universités, le grand soir » (che si puo’ vedere su Internet : www.lautrecampagne.org), dove interroga dieci ricercatori che mettono in evidenza la gravità della riforma in corso. Universtés, le grand soir, è il primo capitolo di una serie, che, a partire dalle denunce di Réfutations, va maggiormente a fondo su ogni tema. Per Thomas Lacoste è ora di riproporre « un cinema riflessivo, ormai abbandonato, un Cinessai, contro il discorso <pragmatico> del governo, che punta a creare l’unanimità e impedisce, in questo modo, alla popolazione di investire il problema sotto tutti gli aspetti, che impedisce in altri termini di pensare ». Il film è un successo, è stato presentato in molte assemblee degli studenti e sarà a Berlino, a un convegno nel week-end dedicato all’avvenire dell’insegnamento superiore e della ricerca in Europa. « Perché si tratta di una questione che va al di là della Francia, che riguarda tutta Europa » afferma Thomas Lacoste.
-Nel film decostruite il discorso del potere. Cosa c’è il gioco che sta suscitando questa protesta, che non è condivisa del tutto dal principale sindacato degli studenti, l’Unef ?
« In gioco che una questione di primaria importanza : l’acceso democratico al sapere e alla conoscenza. Che cosa preferiamo per la nostra societa : un accesso garantito e di qualità alla conoscenza per formare i cittadini di domani oppure un populismo ? Ci propongono un sistema, presentato come solo orizzonte per l’avvenire dell’insegnamento superiore e della ricerca. E’ da tempo che non c’era una mobilitazione degli studenti cosi’ politica, anche se sui media, Libération compresa, si lamentano che sia troppo politicizzata. Su France culture, il presidente di Paris X ha paragonato gli studenti che bloccano le università a dei nazisti. Il movimento è più radicale di quello contro il Cpe, il contratto di primo impiego. Ci parlano di un’università più autonoma. Ma lo sarà quando dovrà contare sui fondi privati, su tasse di iscrizione più alte ? La ricerca sarà più autonoma se gli scienziati saranno maggiormente controllati dai finanziatori ? Invece dell’autonomia, qui ci propongono l’eteronomia delle università, una questione che del resto concerne tutte le politiche pubbliche. Con vent’aénni di ritardo stiamo seguendo la strada britannica, mentre in Gran Bretagna stanno facendo passi indietro, visti i guasti ».
-Come mai i professori e i ricercatori si tengono un po’ allo scarto da questo movimento ?
« I professori e ricercatori sono delusi da vent’anni di riforme fallite. Gli studenti e i ricercatori sono tutti d’accordo sul fatto che l’università deve essere riformata. Ma come ? Una riforma che confischerà il sapere oppure bisogna invertire la tendenza ? In Francia ci sono grandi scuole o Iut che accolgono i migliori, mentre l‘università è stata relegata alle classi popolari. Ci sono i mezzi per riformare, senza privatizzare. E’ folle pensare che l’università debba dipendere solo dalla logica del mercato. Quindi per uscire da questa impasse è necessario ridare una dimensione politica a questi spazi. C’è in gioco una questione democratica importante. Ma di questo non si discute »
Par : Debrégeas Georges, Huet Thomas, Lacoste Thomas
Du : 24/11/2007
Surfant sur la vague croissante des manifestations étudiantes, le collectif Sauvons la recherche et l’équipe de L’Autre campagne diffusent depuis deux semaines, au fil des AG, des cinés débat et sur internet, le film: "Universités, le grand soir".
Fort du succès remporté par son documentaire "Réfutations" lors de la présidentielle, le réalisateur Thomas Lacoste a conçu, avec Georges Debrégeas, physicien au CNRS et vice-président de Sauvons la recherche, ce nouvel opus qui rassemble dix intellectuels pour éclairer le débat sur l'université. L'idée: confronter la parole du pouvoir, souvent celle de Sarkozy, à celle du savoir.
Thomas Lacoste, le réalisateur, et Georges Debrégeas, le chercheur, reviennent pour Rue89 sur leur documentaire.
Comment est né "Universités, le grand soir?"
Thomas Lacoste. Ce documentaire constitue véritablement le premier opus de "Réfutations". Il s’inscrit ainsi dans la continuité d’une longue série à venir. Les futurs chantiers de l’ère Sarkozy, tels que l’immigration, le travail ou la culture, vont être soumis au regard d’experts par l’équipe de L’autre campagne. Notre souhait est de renouer avec la tradition du cinéma documentaire réflexif délaissé par les médias français.
La décision de nous attaquer à la réforme des universités est apparue assez rapidement. Dès juillet, alors que la loi était en discussion, nous avons réalisé et diffusé une version courte de ce documentaire: "Universités en danger".
L’enjeu de la loi Pécresse est l’accès démocratique au savoir. Un thème fortement symbolique et facilement incompréhensible. Nous nous devions de proposer une contre-expertise au discours développé par le gouvernement et relayé par les médias. Avec Sauvons la recherche! nous avons donc mobilisé les dix intervenants du film pour qu’ils nous apportent leurs regards éclairés et acérés sur cette réforme.
Quel rôle voulez-vous faire jouer à ce documentaire dans le mouvement étudiant?
Georges Debrégeas. La vidéo a un effet d’entraînement plus fort que le texte. Ce film doit être projeté en assemblée générale pour susciter de façon cohérente et pédagogique le questionnement au sujet de cette réforme. En ce sens, ce film est conçu aussi bien pour donner des arguments solides aux convaincus des méfaits de la réforme que pour questionner ceux acquis aux orientations de la loi Pécresse.
Thomas Lacoste. Ce documentaire doit effectivement trouver sa place dans les universités. Mais comme tous les épisodes de "Réfutations", il est destiné à l’ensemble des Français. J’ai très envie de passer les portes des campus avec ce film pour le proposer à différents espaces militants, culturels ou intellectuels. Il est aussi consultable à l’envie sur internet. Le principe phare de tous ces films restant le libre accès au plus grand nombre.
A ce sujet, l’équipe de L’autre campagne et de Sauvons la recherche auraient-elles eu un présage sur l’actuel mouvement étudiant?
Thomas Lacoste. Pour ne rien vous cachez, nous l’appelions de nos vœux!
Georges Debrégeas. A Sauvons la recherche, nous avons surtout voulu anticiper ce discours très unanimiste que nous sert actuellement le gouvernement au sujet de la réforme. Sous l’apparence de l’évidence et du pragmatisme par le biais des thèmes qu’ils abordent, les propos tenus par les promoteurs de la loi doivent être réinterrogés.
Le mouvement étudiant reste très politisé, ne pensez-vous pas que la réforme est un prétexte pour manifester un rejet de Sarkozy?
Georges Debrégeas. Mais les étudiants n’ont pas à s’en défendre! Nous avons dans nos universités une génération d’étudiants très politisée et mobilisée. Beaucoup d’entre eux ont fait leurs premières armes contre la loi Fillon lorsqu’ils étaient lycéens. Les jeunes manifestants contre la loi Pécresse ne supportent pas l’idée de voir disparaître la démocratisation de l’enseignement supérieur qui a hissé nombre d’entre eux des milieux populaires ou modestes vers des professions parfois inespérées. Actons que ce mouvement soit politique et guidons enfin l’attention du public vers un réel débat de fond. Les vraies questions à se poser sont: qu’est-ce que le savoir? De quelles universités rêve-t-on?
Thomas Lacoste. Avec "Réfutations", nous tenons à combattre ce genre de détournement de débat. Je suis scandalisé par le traitement de cette réforme par certains journalistes et éditorialistes. En restant centré sur l’angle politique ou sur les problèmes de blocage des facs, les médias refusent au grand public une information de haut niveau. On est en train d’encadrer les comportements et les idées.
Cette toile de fond médiatique mène aussi à des propos délirants. Pour ne citer que cet exemple, je suis outré par le témoignage du Président de l’université Paris X, qui a assimilé, sur l’antenne de France culture, les étudiants bloqueurs à des milices nazies…
Nous entendons souvent dans les AG que les étudiants déplorent le manque de soutien de leurs enseignants...
Georges Debrégeas. La mobilisation des étudiants palie effectivement la fatigue et le défaitisme des enseignants-chercheurs. Un certain désarroi existe parmi ces derniers, épuisés par vingt ans de réformes successives. La plupart d’entre nous ne cherchons malheureusement plus à inverser la tendance mais à sauver les meubles. C’est une erreur, rien n’est perdu. Pour ma part, je suis pour que les chercheurs participent aux AG.
Thomas Lacoste. Ce documentaire vise justement à amener des chercheurs renommés et spécialistes des questions que l’on se pose dans les endroits où on les voit peu. Il est difficile de réunir plusieurs sommités comme ce film le propose.
Les dix intervenants du film sont-ils représentatifs du discours de leurs pairs?
Georges Debrégeas. Différents courants siègent évidemment au sein de la collectivité des chercheurs et enseignants-chercheurs. Néanmoins, "Universités, le grand soir" montre qu’il existe une frange du corps universitaire frustrée par les conditions et les moyens qui leur sont alloués pour mener à bien leur mission. La grande part d’entre eux sont acquis à l’idée de réformer l’université mais pas de cette manière.
Dans le documentaire, vous semblez opposer "démocratisation" et "professionnalisation" des universités. En quoi est-ce incompatible?
Georges Debrégeas. L’université française a connu un gonflement de ses effectifs estudiantins durant les années 1990. Lors de cette deuxième massification, l’université a absorbé les bacheliers issus des classes moyennes et populaires. La professionnalisation qu’on nous propose est guidée par l’idée que l’enseignement général dispensé par l’université française n’est pas utile pour ceux qui ne viennent pas du "gratin". L’université a toutefois joué un grand rôle dans le combat contre les inégalités sociales. C’est pourquoi il faut continuer à promouvoir sa démocratisation aux dépens de sa professionnalisation.
Hormis Eric Herbert, le post-doctorant qui intervient au sujet du recrutement des futurs chercheurs et enseignants, le grand absent du documentaire n’est-il pas l’étudiant?
Georges Debrégeas. Nous nous sommes évidemment questionnés à ce sujet. Nous voulions donner la parole à des experts. Nous tenions à ce qu’ils exposent des réflexions poussées et entamées de longues dates sur les grands enjeux que doit surmonter l’université française. La vie universitaire moyenne d’un étudiant est relativement courte. Il est de ce fait très difficile pour lui de s’exprimer sur un sujet aussi technique.
Thomas Lacoste. Nous ne pouvions pas non plus nous attaquer au thème des conditions de vie, de logement, de précarité des étudiants. Ce dernier constitue malheureusement un sujet de documentaire à part entière ...
► "Universités, le grand soir" est visible sur le site de l'Autre campagne.
► Le film sera projeté à l'Université Paris XIII Villetaneuse, le lundi 26 novembre à 12h00 à l'Amphi 4. Université Paris XIII, 99 Avenue Jean-Baptiste Clément 93430 Villetaneuse.
Par : Desplanques Erwan
Du : 14/11/2007
Et si, pour une fois, on allait au fond des choses? Explorer ce que cache la scintillante surface des JT, avec ces scènes quotidiennes d'accrochages entre « les-étudiants-qui-veulent-bosser » et « les-étudiants-qui-bloquent ». Comprendre l'origine de cette éruption soudaine dans les facs contre une loi passée sans l'ombre d'un remous il y a trois mois. Avec des revendications tous azimuts (solidarité avec les cheminots, anti-sarkozysme (primaire ou secondaire), refus d'une partie de la loi Pécresse, sans qu'on identifie nettement laquelle... ). Des échos médiatiques qui ont suffisamment brouillé le message pour ternir son crédit.
Les émissions de télé qui ont tenté d'y voir plus clair se sont vite cassé les dents (cf. la stérilité du débat Meirieu-Finkielkraut, dimanche dernier, sur France 3), avec cette sempiternelle méthode du débat « pour-contre » qui convient si mal à cette loi sur l'autonomie des universités. Un texte complexe, comportant autant d'avancées que de dérives possibles.
Le jeune réalisateur Thomas Lacoste s'est donc chargé du boulot. Avec les moyens du bord. Une petite caméra DV, un téléphone pour contacter des intellos de haut-vol, des heures d'entretiens et de montage, et un site internet pour diffuser le résultat. Le film s'appelle « Universités, le grand soir ». Suite d'un premier documentaire – « Réfutations » – très remarqué avant la présidentielle, avec un décryptage pointu du programme politique de Nicolas Sarkozy et un ensemble de contre-propositions solidement argumentées (par Thomas Piketty, Etienne Balibar et autres universitaires...).
Soutenu par l'association « Sauvons la recherche », ce nouveau film a été présenté à Normale sup il y a quelques jours. Et aussitôt mis en ligne (en quatre parties), gratuitement, pour aider le grand public à mieux cerner cette réforme des universités. Avec une mise en garde des professeurs contre l'orientation très libérale de cette loi, qui renforcerait les inégalités entre les facultés, valoriserait davantage la professionnalisation que l'accès au savoir et transformerait peu à peu les universités en « PME en concurrence sous-traitant les commandes des administrations et entreprises locales ». Au passage, on glane cette phrase de Nicolas Sarkozy, tout bonnement sidérante : « Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuable n'a pas forcément à payer vos études » (20 Minutes, 16 avril 2007).
Les chercheurs interviewés vantent au contraire les mérites de la démocratisation scolaire (+ 30% d'étudiants dans le supérieur en quinze ans), expliquent l'origine de l'échec en première année de fac (les bacs pro n'ont plus accès aux BTS et IUT, filières saturées, et s'inscrivent par dépit à l'université où seuls 15% d'entre eux obtiendront un DEUG, contre 89% pour les étudiants titulaires d'un bac général), relativisent la nécessité des stages (là, on touche un point beaucoup plus discutable) et analysent les conséquences d'une « privatisation » progressive des universités.
Par : Desplanques Erwan, Zarachowicz Weronika
Du : 22/09/2007
Télérama n°3010, semaine du 22 au 28 septembre 2007
Chacun dans leur genre, ils offrent souvent un point de vue affûté sur le paysage médiatique et politique français.
A la télévision, la gauche ressemble surtout à une querelle d’ego. Sur Internet, on perçoit davantage ses idées, analyses, propositions… C’est le pari de L’Autre campagne, passionnant refuge des intellos d’opposition. Créé à l’aube de la présidentielle, le site de Thomas Lacoste se veut l’antithèse du café de commerce. Un haut lieu de réflexion décliné sur différents supports, livre (aux éditions La Découverte) ou films (Réfutations, Université en danger, visionnables sur le site), toujours nourris de stimulants entretiens (avec le sociologue Eric Fassin, l’économiste Thomas Piketty, le philosophe Etienne Balibar, différents syndicalistes…).
Erwan Desplanques et Weronika Zarachowicz
Par : Lacoste Thomas
Du : 03/05/2007
Le Monde 03/05/007
Dans un film intitulé "Réfutations", seize chercheurs et militants souhaitent démonter le projet du candidat de l'UMP. Réalisé par Thomas Lacoste, animateur de L'Autre campagne, ce document peut être visionné sur le site www.lautrecampagne.org. Il s'agit, selon l'auteur, de "décrire sans haine la réalité d'une droite décomplexée". L'économiste Thomas Piketty, la secrétaire générale du syndicat de la magistrature, Hélène Franco, Louis-Georges Tin, porte-parole du CRAN, etc., soulignent les dangers d'un "bushisme à la française", d'une justice "bras armé de la police", et d'une vision "néocolonialiste" de la société.
Par : Du Roy Ivan
Du : 03/05/2007
Témoignage Chrétien 03/05/2007
Syndicalistes, sociologues, économistes défilent dans un petit appartement parisien, à un pâté d'immeubles du QG de campagne du candidat de l'UMP. S'agit-il d¹une entrée dérobée vers une antichambre sarko-zyste ? Au contraire. Une fois passé le seuil, chacun dispose de trois minutes pour, selon leur sujet de prédilection, expliquer pourquoi il faut dire « non ! » à Sarkozy. Le sociologue Éric Fassin, l'altermondialiste Susan George, l'étudiant Bruno Julliard (Unef), l'économiste Thomas Piketty ou le chercheur Alain Trautmann se succèdent sous les discrets projecteurs. Le chef d'orchestre de ce défilé d'intelligences se nomme Thomas Lacoste, 35 ans, assisté de Marine à la technique et de Georges au script. L'objectif : « Présenter des contre-expertises sérieuses et argumentées pour lever le voile sur l'imposture Sarkozy. » Au fil de son parcours, Thomas a testé tous les supports de diffusion d¹idées. Son travail de bibliothécaire à Bordeaux le mène naturellement à l'édition. En 1994, il lance Le Passant ordinaire, une « revue de création et de pensée critique », diffusée à 6 500 exemplaires.
Suivent la publication de quelques livres et l'ouverture d'un site internet. Tout cela n’est encore qu'un début. Obligé de se licencier lui-même après la suppression d'une subvention, Thomas Lacoste joue les nègres pour une maison d'édition et les script doctors pour une société de production.
A l'approche des élections, le jeune éditeur se fait webmaster avec l'appui des éditions La Découverte. Depuis janvier, il anime le site de l'Autre campagne, relayé par le blog de Libération. Intellectuels et universitaires y sont invités à décliner leurs réflexions en propositions concrètes. Le succès est inattendu : plus de 400 000 visites en trois mois. 165 interviews sont engrangées et visionnées par plus de 150 000 personnes. « Les arts plastiques et la photo m'ont amené au cinéma. Nous devons réfléchir à ces médias que, par peur de la télévision, les intellos ont laissé tomber, alors qu'ils nous permettent de toucher un autre public, explique Thomas, désormais réalisateur. Il faut que le monde de la pensée s'en saisisse. »
Sarkozy ou pas, d'autres projets se préparent : créer une revue sur DVD et étendre l'Autre campagne, déjà relayée en Italie, à l'Europe.
Ivan du Roy
Par : Ligner Isabelle
Du : 15/03/2007
AFP 15/03/2007
Début 2007, Lucie Aubrac appelait encore à "résister à l'ordre établi"
PARIS, 15 mars 2007 (AFP) - Dans l'un de ses derniers engagements, début 2007, Lucie Aubrac, qui fait l'objet d'un hommage unanime jeudi au lendemain de son décès, appelait à "résister à l'ordre établi", notamment au libéralisme et à une classe politique ayant "le plus grand intérêt à ce que rien ne change".
Dans la droite ligne de l'appel qu'elle avait signé en 2004 avec plusieurs figures de la Résistance pour que les jeunes générations réagissent face à la destruction du "socle des conquêtes sociales de la Libération", Mme Aubrac, âgée de 94 ans, a soutenu l'initiative baptisée "l'Autre campagne", lancée par des chercheurs et des acteurs du monde associatif de gauche dénonçant "la vacuité" des programmes politiques avant les élections présidentielle et législatives.
Un soutien matérialisé par une préface signée par le couple Aubrac dans l'ouvrage "L'Autre campagne, 80 propositions à débattre d'urgence", publié en janvier 2007 et regroupant notamment des textes de Susan George, d'Etienne Balibar ou d'associations comme Droit au Logement (DAL).
Dans ce texte intitulé "pour un autre programme", Lucie Aubrac, qui s'est aussi engagée aux côtés des sans-papiers, saluait "une audace réconfortante" et "une utopie réaliste" qui "exprime la possibilité de résister à l'ordre établi". Elle dénonçait "dans une société pourtant si riche (...) le repli sur soi, la peur et le mépris de l'autre, le déni de l'intérêt général au bénéfice de quelques particuliers, bref le recul de la démocratie."
Le couple de résistants entrevoyait la nécessité "d'une autre forme de lutte, contre des adversaires et des obstacles qui ne sont plus, heureusement des forces armées ou des polices mais qui ne sont pas, pour autant, faciles à surmonter". Parmi les obstacles recensés: "l'implantation solide, dans notre pays, de forces politiques, sociales et financières qui ont le plus grand intérêt à ce que rien ne change" et "disposent d'un large éventail de moyens matériels et psychologiques".
Mais aussi "l'emprise mondiale des forces financières, avec la constante accumulation d'énormes masses de capitaux... qui cherchent partout des placements rentables financièrement et/ou politiquement et ont "elles aussi, le plus grand intérêt à ce que rien ne change".
"Résister, c'est créer", concluait le texte signé Lucie et Raymond Aubrac, créer notamment, selon eux, "les conditions d'un combat victorieux".
Isabelle Ligner
Par : Dreux Guy
Du : 07/03/2007
Parution.com 07/03/2007
Ce n'est ni un nouveau parti, ni un nouveau mouvement de citoyens assurant la promotion d'un candidat. Simplement, le collectif L'Autre campagne assume de réunir, sur l'initiative d'une dizaine de responsables éditoriaux, plusieurs dizaines d'auteurs qui n'ont pas la prétention de "représenter" des groupes sociaux particuliers. Sur la base "d'affinités individuelles et militantes", ces auteurs, qu'ils soient chercheurs, militants, syndiqués ou "simples" acteurs et observateurs de la vie sociale, proposent sur près de 80 sujets une analyse et une proposition concrète considérée comme "déterminante pour enclencher un changement effectif sur la question". L'ensemble n'ambitionne pas de constituer un programme complet et clé en main, mais plutôt, vise une élaboration commune au long cours.
On peut repérer trois éléments qui justifient ce projet et précisent ses intentions. D'une part, ne pas accepter les "termes du débat imposés par les partis dominants" qui s'expriment dans le cadre de ce que les auteurs appellent la "campagne officielle". Reformuler les questions du moment en prenant le plus grand soin des situations concrètes et vécues est à la base de cet engagement et de cette invention de réponses politiques. D'autre part, l'ouvrage s'inscrit nettement dans le cadre d'une résistance (le mot est largement souligné et assumé par Lucie et Raymond Aubrac qui signent l'avant-propos du livre) à la révolution conservatrice, définie comme un alliage d'idéologie néolibérale et de pratique autoritaire du pouvoir. L'ouvrage est donc clairement une résistance au néolibéralisme défendu par Nicolas Sarkozy. Mais pas seulement. Car, enfin, les auteurs partent aussi du constat que la gauche éclatée d'aujourd'hui ne semble offrir qu'un faible rempart à cette révolution néolibérale. "Si la gauche devait, dans quelques semaines, perdre ces élections, elle ne pourrait s'en prendre qu'à elle-même et à son incapacité à représenter les catégories populaires qu'elle est censée défendre", expliquent Georges Debrégeas et Thomas Lacoste, les deux coordonnateurs de l'ouvrage.
Mais la richesse des thèmes abordés et la qualité des contributions font aussi de cet ouvrage autre chose qu'une simple intervention dans le débat présidentiel. En effet, L'Autre campagne se présente comme une force de propositions et de débat qui s'adressent à l'ensemble des partis de gauche, au-delà de l'élection présidentielle. "Dans cette optique, l'élection présidentielle doit constituer une occasion de faire d'une échéance peu démocratique le point de départ d'une nouvelle donne à gauche pour les élections et les années à venir." A l'heure des promesses démultipliées par les "grands candidats", la lecture de l'ouvrage s'avère donc particulièrement stimulante. Outil d'analyse, il présente à travers quatre grands thèmes (la politique internationale, les politiques sociales et économiques, la culture et l'éducation, et la citoyenneté et les institutions) de courtes mais solides synthèses très éclairantes sur les grandes transformations de notre temps tout en proposant des axes politiques de reconquête démocratique.
Par : Zappi Sylvia
Du : 13/02/2007
Des intellectuels lancent une "autre campagne" contre le "marasme ambiant"
Voici quelques mois, avec le collectif "Voter Y", ils étaient à la recherche du candidat idéal pour l'élection présidentielle. Devant l'éparpillement à gauche, ils ont renoncé et préféré mettre au point un livre-programme clés en main, présenté samedi 10 février, à Paris. Une centaine de chercheurs en sciences sociales, militants associatifs et syndicaux - notamment Droit au logement, Confédération paysanne, Syndicat de la magistrature, SUD énergie, Survie - praticiens ou artistes, ont mis au point 80 "propositions à débattre d'urgence".
L'ouvrage, intitulé L'Autre campagne, (La Découverte, 14 euros), se veut un "puissant anxiolytique au marasme ambiant", explique Thomas Lacoste, éditeur et l'un des coordinateurs. Autour de lui, on retrouve les noms familiers de cette gauche intellectuelle qui a tenté, depuis trois ans, de s'impliquer dans le débat politique : l'économiste Geneviève Azam, les philosophes Jacques Bouveresse et Etienne Balibar, la politologue Isabelle Sommier, le sociologue Daniel Borillo, le démographe Patrick Simon ou encore l'urbaniste Marie-Hélène Bacqué.
L'initiative de ces militants et intellectuels engagés est née à la fois de la crainte de "la montée en puissance d'une droite autoritaire, violente et décomplexée" et de la déception face à une "gauche éclatée" qui ne semble pouvoir offrir que "l'accompagnement du capitalisme financier et le maintien d'un ordre social et moral profondément inégalitaire et liberticide", préviennent-ils en introduction.
"Faire Exploser" les limites
Effarés par la "platitude" de la campagne présidentielle, ils veulent en "faire exploser" les limites. "Depuis des semaines, les thèmes importants imposés par la situation politique et économique ne sont pas abordés. Le débat porte sur des lieux communs", dénonce Georges Debrégeas, physicien, vice-président de Sauvons la recherche et autre coordinateur de l'ouvrage. L'urgence à leurs yeux est de réhabiliter la "faisabilité d'une réelle politique de gauche", à partir d'expertises "qui ne demandent qu'à entrer dans le débat", insiste Thomas Lacoste.
Les pistes proposées sont inspirées des revendications des mouvements sociaux des dix dernières années. Ainsi, pour renforcer la place des services publics, ils réclament une directive européenne respectueuse des traditions de chaque Etat membre. Faire face à la crise du logement suppose, à leurs yeux, de "s'attaquer au tabou de la propriété privée" : les auteurs proposent donc que l'Etat "agisse en loueur en préemptant les logements privés vides du parc privé".
La réforme institutionnelle passe, elle, par la suppression de l'élection du président de la République au suffrage universel. Quant au sujet récurrent de l'énergie, ils récusent l'idée d'un "pôle public" défendu à gauche : "Etablir un pôle public pour éviter les dérives libérales dans un secteur dérégulé est une illusion, assure M. Debrégeas. Il faut assumer le retour à la propriété entièrement publique avec une gestion déléguée aux régions et des tarifs appliqués différemment selon qu'on est particulier ou entreprise grosse consommatrice d'énergie."
L'ensemble de ces 80 propositions sont "discutables et amendables", assurent encore les auteurs. Un site Internet leur est dédié (http://www.lautrecampagne.org) et un film mettant en scène le regard des auteurs sur la campagne officielle est en préparation. "Nos idées sont libres de droit", expliquent encore les deux coordonnateurs de l'initiative, qui espèrent que "les candidats vont s'en saisir".
Par : Luyssen Johanna
Du : 09/02/2007
Le Monde 09/02/2007
Parce que " résister, c'est créer ", le collectif L'autre campagne s'invite dans le débat présidentiel et propose une " utopie concrète ", soit une série d'actions axées sur quatre pôles - politique, économique, culturel et citoyen. Préfacé par Raymond et Lucie Aubrac, l'ouvrage rassemble 79 contributions de chercheurs, philosophes ou syndicalistes, dont celles du sociologue Bernard Lahire et du président de l'UNEF, Bruno Julliard. Il invoque notamment, selon les termes du philosophe Etienne Balibar, la construction d'une Europe " altermondialisatrice ". Anne Le Strat, conseillère de Paris, propose de légiférer sur l'accès à l'eau et d'en faire un droit constitutionnel. L'autre campagne préconise également d' " abolir " la récente loi durcissant le dispositif contre le téléchargement (DAdvsi) relative au droit d'auteur, d'enseigner les sciences sociales dès l'école primaire, ou de mettre en place une Cour mondiale des droits de l'homme.
Johanna Luyssen
Par : Ligner Isabelle
Du : 09/02/2007
Une "autre campagne" lancée contre "la vacuité" des programmes officiels
PARIS, 9 fév 2007 (AFP) - Des militants associatifs, praticiens et chercheurs ont lancé une "autre campagne" présidentielle et législative pour dénoncer "la vacuité des discours officiels" et tiennent samedi à Paris au "ministère de la crise du logement" un premier débat sur la propriété privée.
"Le pari, c'est que de plus en plus de gens se rendent compte de l'arnaque totale de cette campagne, de la vacuité organisée des discours et programmes officiels", explique à l'AFP Georges Debrégeas, physicien au CNRS et l'un des coordinateurs de cette initiative en gestation depuis plus d'un an.
Avec un état des lieux et des "propositions concrètes" qui se déclinent dans un livre (80 propositions à débattre d'urgence, éditions La Découverte) et sur un site évolutif très visité (www.lautrecampagne.org), les intervenants sont "sortis du discours d'experts en se risquant à la proposition d'ordre politique", poursuit Thomas Lacoste, éditeur et autre coordinateur.
La plateforme, rassemblant aussi bien des philosophes, sociologues, psychiatres et économistes que des membres du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers-Monde (CADTM), de la Confédération paysanne, de l'Unef, du Syndicat de la Magistrature (SM) ou de Survie, a reçu le soutien de Lucie et Raymond Aubrac.
Le couple de résistants définit l'initiative comme "une utopie réaliste" exprimant "la possibilité de résister à l'ordre établi", à "l'implantation solide dans notre pays de forces politiques, sociales et financières qui ont grand intérêt à ce que rien ne change".
L'initiative est née d'une crainte - "la perspective d'une prise de pouvoir par une droite radicale (...) alliant l'idéologie néolibérale et une pratique autoritaire du pouvoir" -, expliquent Thomas Lacoste et Georges Debrégeas.
Mais aussi de la déception de militants face à "une gauche éclatée dont une large partie des dirigeants semblent n'avoir à offrir comme projet politique que l'accompagnement du capitalisme financier et le maintien d'un ordre social et moral profondément inégalitaire et liberticide".
Il s'agit non pas d'interpeller directement les candidats mais de "donner des armes aux militants" pour s'écarter "des opérations de marketing électoral". "On ne roule pour personne", souligne M. Lacoste, "Même si nous nous inscrivons dans une démarche de renaissance de la gauche".
Les différents contributeurs donnent notamment des pistes concrètes pour que "l'Europe devienne un continent d'asile" et non un "empire du rejet", pour que le service public soit placé "au coeur de la citoyenneté moderne", pour que l'impôt soit "réhabilité", pour "se réapproprier collectivement le travail", "lutter contre l'exclusion scolaire" ou "lutter contre de nouvelles impunités en matière de criminalité économique et financière".
Le logement tient une large place dans les propositions notamment à travers la revendication d'un droit opposable.
Samedi, lors de la journée intitulée "Dé-posséder", les intervenants de "l'autre campagne" entendent également remettre en cause la propriété privée pour dégager des solutions face à la crise du logement. Ils souhaitent relier propriété immobilière, sociale, intellectuelle et des médias pour faire avancer ce débat. "La propriété privée aujourd'hui est un thème tabou", affirme M. Debrégeas qui souligne: "Concernant les problèmes de logement, on ne parle que du parc social, on n'aborde jamais la question du logement privé et des logements vacants".
Par : Debrégeas Georges, Lacoste Thomas
Du : 01/02/2007
les invités de la rédaction : Georges Debrégeas et Thomas Lacoste pour une Autre Campagne
Georges Debrégeas est Physicien au CNRS, militant à l’association Sauvons la recherche.
Thomas Lacoste est Écrivain et éditeur, président et fondateur de l’association et de la revue Le Passant ordinaire.
Des mots aux faits
L’Autre Campagne propose des contributions originales issues du monde social – syndicats, associations, mouvements – et intellectuel. Le but : reformuler les questions de la campagne officielle.
La prochaine élection présidentielle pourrait bien voir l’aboutissement en France de la « révolution conservatrice », cette doctrine qui allie idéologie néolibérale et pratique autoritaire du pouvoir. Si un tel scénario est aujourd’hui possible, c’est que le parti de Nicolas Sarkozy ne trouve face à lui qu’une gauche éclatée dont une large partie a perdu tout contact avec les catégories populaires qu’elle est censée défendre.
Cette perspective est d’autant plus inacceptable que le rejet de la politique gouvernementale ne cesse de croître depuis plusieurs années. Il s’est exprimé dans une série de luttes sociales, de la défense des retraites au mouvement dit « anti-CPE », dans la campagne menée autour du référendum sur le traité constitutionnel européen, ainsi que dans la myriade de mouvements sectoriels qui ont marqué la décennie. En s’ancrant explicitement sur le terrain local – l’opposition à l’expulsion d’un enfant d’immigrés dans une école de quartier, à la fermeture d’un hôpital ou d’un bureau de poste dans une commune – ces luttes ont permis une large prise de conscience des dégâts irrémédiables causés par ces politiques régressives. Ces résistances se sont accompagnées d’un renouveau des pratiques militantes et syndicales à partir desquelles ont été élaborées de véritables propositions politiques.
Construction alternative
La plupart des militants qui animent ces mouvements s’accordent à reconnaître que leurs luttes ne pourront aboutir sans l’élaboration d’un projet de société global, capable d’articuler avec rigueur les multiples dimensions, sociales, économiques et culturelles de leurs exigences. Plusieurs initiatives, dont les forums sociaux, Attac et la Fondation Copernic restent à ce jour les plus marquantes, se sont attelées à cette tâche en s’appuyant sur un réseau militant qui s’est renforcé à l’occasion de la campagne référendaire de 2005. Mais la transformation de ces projets en force politique se heurte à deux difficultés. D’une part, la question du débouché politique et de la participation à des échéances électorales aiguise les contradictions et comporte des risques d’éclatement d’une construction politique encore récente. D’autre part, en dépit de la qualité incontestable des travaux menés, ces initiatives n’ont pas pu imposer pleinement le débat autour de leur alternative au-delà des cercles militants traditionnels. Ce manque de visibilité n’a pas permis de transformer le rejet massif des politiques actuelles, notamment dans les couches sociales les plus défavorisées, en un soutien actif large à ces alternatives.
Des termes détournés
Par contraste, le modèle politique néolibéral a su imposer depuis plusieurs décennies un cadre de pensée dont la simplicité et la cohérence apparentes permettent de créer une forme d’adhésion immédiate. De façon perverse, le projet néolibéral s’est approprié les termes traditionnellement et symboliquement associés à la gauche tels que réforme, progrès ou liberté, parvenant même à aspirer les propositions issues de la gauche tout en les détournant et les vidant de leur sens : ainsi la droite peut-elle aujourd’hui prétendre intégrer à son programme la discrimination positive, le développement durable, la sécurité sociale professionnelle ou, plus récemment, le droit au logement opposable. Cette pensée dominante s’est construite avec la complicité d’institutions de pouvoir, de clubs de pensée, et de la majorité des médias qui ont contribué à étouffer toute critique radicale du système politique et économique en place.
Reformuler les questions
L’Autre Campagne est née du refus de cette confiscation de la parole dans un moment qui apparaît décisif pour l’avenir du pays, mais aussi de la gauche. Plutôt que d’accepter les termes du débat imposés par les partis dominants, il s’agit de construire la confrontation politique sur la base des multiples expériences, analyses et propositions issues du monde social et intellectuel. Au fondement de cette démarche, il y a la conviction que c’est la mise en valeur de ces paroles singulières, relayant des expériences concrètes, qui rendra incontournable la pertinence du projet social et politique dont elles sont porteuses, et exposera par contraste la vacuité et les fausses évidences du programme néolibéral.
L’Autre Campagne n’est pas Autre parce qu’elle traite de questions distinctes de celles que prétend aborder la campagne « officielle », mais parce qu’elle se propose de les reformuler en faisant de la description des situations vécues, de leur analyse, la base de l’engagement et de l’invention de réponses politiques. Ce faisant, elle reconnaît explicitement la nécessité de traiter avec la même rigueur et le même respect des formes variées d’expertise, militantes, syndicales, associatives, intellectuelles, tout en les enjoignant à produire des propositions politiques pour aller au-delà du simple constat et de la dénonciation des politiques actuelles. Elle entend aussi contribuer à une réappropriation du langage politique qui redonne un sens aux idéaux communs de la gauche (réforme, progrès, solidarité, universalisme, égalité) par leur traduction concrète sur le terrain.
L’Autre Campagne rassemble aujourd’hui une centaine de contributions originales issues du monde social – syndicats, associations, mouvements – et intellectuel. Chacune d’entre elles explicite une proposition, de la politique internationale à la souffrance au travail, de la réforme institutionnelle aux politiques familiales. Le livre L’Autre Campagne, publié en janvier aux éditions La Découverte, réunit 80 de ces textes. Mais l’intégralité de ces contributions est également librement disponible sur le site afin que chacune d’entre elles puisse être débattue avec les auteurs, les lecteurs et internautes.
Ces propositions, et celles qui viendront enrichir l’initiative, ont pour vocation à être reprises, débattues, réinvesties. Il s’agira, à partir de cet inventaire raisonné et non exhaustif, de donner une force collective à des pensées et des pratiques séparées. Par ce regroupement, il crée un précédent qui autorise de nouveaux agencements afin de contribuer à un déplacement du débat politique. Dans cette optique, la présidentielle peut constituer une occasion de faire d’une échéance peu démocratique le point de départ d’une nouvelle donne à gauche pour les élections et les années à venir. G.D. et T.L.
L’Autre campagne, éd. La Découverte, 300 pages, 14 e. L’Autre Campagne est une initiative coordonnée par un collectif éditorial constitué d’une dizaine de militants associatifs, éditeurs et chercheurs. L’ensemble des informations est disponible sur le site www.lautrecampagne.org/. La première rencontre publique de L’Autre Campagne « Dé-posséder : Limites et alternatives à la propriété privée » se déroulera le samedi 10 février au ministère de la Crise du logement social, immeuble récemment « réquisitionné » par plusieurs collectifs, et situé au 24, rue de la Banque, Paris 2e.
1er février 2007
www.regards.fr
Par : LC
Du : 25/01/2007
Témoignage chrétien 25/01/2007
Dans leur introduction, les coordinateur du livre L'Autre campagne vont droit au but : " La révolution conservatrice, alliant l'idéologie néolibérale et une pratique autoritaire du pouvoir et dont les expérience thatchérienne et reaganienne ont donné la mesure, pourrait trouver bientôt son aboutissement en France. " Or, Georges Debrégeas, physicien au CNRS, membre de l'association " Sauvons la recherche ", et Thomas Lacoste, éditeur, fondateur et président de la revue Le Passant Ordinaire, ne se satisfont pas de la réponse donnée par la gauche en ces temps de campagne présidentielle. Alors, ils ont eu un projet fou, celui-là même qui est abandonné depuis longtemps par nos politiques et qui pourrait se décliner en trois mots : penser, inventer, proposer.
Pas de programme livré clé en main ni de candidat miraculeux, mais une suite de " quatre-vingts propositions à débattre d'urgence ", regroupées dans quatre grands chapitres : Politiques internationales et enjeux planétaires, Politiques sociales et économiques, Culture et éducation, Citoyenneté et institutions. Et si la campagne commençait enfin ?
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